INTRODUCTION
BÔNE,
BOUNA OU ANNABA
Il
est notoirement connu de tout un chacun qu’il existe à Annaba un nombre assez
important de vieux citadins, qui non seulement se sont refusés à appeler leur
ville ANNABA, mais ont conservé à leur cité son nom d’origine BOUNA.
Lorsqu’on demande à
un d’eux son lieu de naissance, il répondra sans hésitation aucune, Bouna,
et rarement Annaba. Pour lui, Annaba n’est rien d’autre que ce quartier
populeux qui s’étend à l’est de La place du 19 Août 1956 (place d’Armes),
s’élève sur la colline dite El Aanneb (les jujubes) dont le promontoire domine
la mer.
Pour lui, toute la région
qui se poursuit de l’Allélik jusqu’au cap de Garde avec ce qu’elle
comprend comme cités, faubourgs, agglomération, porte uniquement
l’appellation de Bouna, d’autant plus que toutes les plaques commémoratives
y existant, dont certaines plusieurs fois centenaires, attestent en caractères
arabes bien lisibles le nom de la ville qui a de tout temps été celui de Bouna.
Aussi, devons-nous
rappeler que les historiens et géographes arabe,. lbnou Khaldoun,
De nombreux
étymologistes se sont penchés sur les origines de cette appellation et chacun
en a donné une définition. Si les uns s’en tiennent personnellement à
celle qui leur paraît être La plus logique en déclarant que Hibouna,
toponyme primitif duquel dériva Hippone. signifie golfe, baie, abri; les
autres, historiens maghrébins, penchent plutôt sur la simple transposition
d’un bout de mots Hi-Bou-Na qui désigne en langue phénicienne non seulement
l’importance agricole et commerciale du lieu, mais aussi la nature des échanges.
L’association de Ces trois syllabes en un seul mot signifie Hi (bovins) bou
(abondance) na (souk), L’historiographe Athmane El kaâk cite, à titre exemples. Barcelona Narbonna, Mazzouna dont les
noms désignent respectivement le souk aux matières premières (argent.
cuivre), le souk de la poterie et le souk équilibré. Ce vocable Hibouna fut tour
à
tour travesti par les Romains, Vandales. Byzantins en Ubbon, Hippo.
Hippone et s’il s’est perpétué jusqu’à nous avec le vocable à
consonance arabe Bouna ou la radicale essentielle existe toujours, les Français
durant leur présence en Algérie lui ont appliqué une terminaison conforme à
leur syntaxe d’où le nom de Bône. Bouna signifie donc le souk de
l’Abondance. en raison du nombre considérable de Ces bovins qu’on
rencontrait dans
la
région.
Historique
Saint Augustin mourut à Hippone pendant le siège vandale en 430 de notre ère. Après les Vandales, ce fut autour des Byzantins de
conquérir Annaba. Les musulmans y supplantèrent les Vandales après deux sièges.
Mais c'est au huitième siècle que l'Islam put s'installer dans la région pour y fonder la nouvelle ville ou Bouna. Au 16ème siècle,
elle se développa sous Kheiredine qui en fit, en 1533, une des places fortes du nouvel état algérien. Après l'entrée des Français, la ville
connut un nouveau développement basé sur l'agriculture. Elle s'appelait alors Bône... En 1962, avec la recouvrement de l'indépendance nationale, Bône
fut baptisée Annaba. Une industrialisation massive et menée à pas forcée en fit la capitale industrielle de l'Est algérien. Un immense complexe sidérurgique, conçu à la mode des combinats soviétique, tentaculaire et englué dans les problèmes bureaucratiques et de
suremploi, s'éleva sur des terres très riches alors que l'usine d'engrais phosphatés, bâtie aux portes de la ville, fut une source
permanente de pollution atmosphérique atteignant des niveaux très dangereux, ce qui amena le gouvernement à réagir pour fermer
certaines unités et investir dans des équipements pour réduire les agressions sur l'environnement.
Aujourd'hui, cette industrie subit de plein fouet les effets de la crise économique : chômage et compression de personnels jettent dans
la rue des dizaines de milliers d'ouvriers. Cependant, et malgré une certaine morosité propre aux villes industrielles victimes de
« restructuration », Annaba a su trouver dans le tourisme national une nouvelle raison d'espérer : c'est pas centaines de milliers que
ces estivants y sont venus des quatre coins du pays, en attendant les touristes étrangers...